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27 février 2021
Eve Comtet Sorabella

Le rapport présenté ce soir n’est pas à la hauteur du défi qui se présente.

Retrouvez l’intervention d’Eve Comtet Sorabella en Conseil Communautaire du 18 février 2021 sur le futur budget de Mâconnais-Beaujolais Agglomération.

Force est de constater que la pandémie ne change rien à votre politique : en fonctionnement, on constate un excédent de près de 5 millions et en investissement un excédent de 4 millions. Donc vous faites encore des réserves et ainsi, de nouveau, vous ne déployez pas les services à la population. Et c’est d’autant plus inquiétant que c’est maintenant que les administrés en ont besoin.
Et cela dans les domaines dont nous avons la compétence : la mobilité et particulièrement les transports en commun, le développement économique, le contrat de ville, le PLH, l’insertion par l’économie, les déchets ménagers, l’enseignement supérieur…Au mieux, vous annoncez des investissements… se concrétiseront-ils ? Pourvu que ce ne soit pas dans des projets inutiles tel le fiasco d’1.6 million d’€ de la couverture rétractable de la piscine dont la pertinence dans le contexte sanitaire et climatique est à questionner… mais surtout que peu d’ambition en matière de service. Et vous nous annoncez un emprunt de 10 millions, ce qui vous permettra… peut-être… de corriger le ratio de désendettement et de justifier le maintien des taux des impôts et taxes….mais ce n’est que prospective car là également que d’inconnu… le rapport de la cour des comptes ne semble pas être suivi d’effet dans votre gestion à venir.
Pourtant… Les contextes sanitaire et climatique nous obligent.
Et, au risque de me répéter… Ceux-ci doivent désormais conduire notre projet d’agglomération pour que les habitants trouvent les ressources indispensables à leur quotidien sur le territoire où ils vivent. Le rapport présenté ce soir n’est pas à la hauteur du défi qui se présente. C’est le projet d’une agglomération moderne, ambitieuse, solidaire que les habitants attendent et il doit s’engager dès maintenant car on sait, aujourd’hui, que les décisions que nous prenons maintenant ne donneront un effet palpable que dans 30 ans. Ainsi à l’inverse, ce que l’on n’entreprend pas aujourd’hui, obère le futur. Par exemple : rien sur l’aide au logement ou à l’insertion économique des jeunes. Rien sur un développement économique lié à l’agriculture locale, vectrice d’emplois qualifiés. Rien sur une continuité de l’aide aux familles dans l’achat des dispositifs de protection dans un contexte sanitaire loin d’être stabilisé et un contexte économique inquiétant. Et rien non plus sur la culture et plus particulièrement notre engagement au côté de la Scène Nationale.
Ainsi, c’est donc aujourd’hui que nous nous engageons en faveur ou en défaveur d’un bel avenir pour nos enfants et petits enfants. Il s’agit donc, à la fois, d’être efficace dans nos politiques publiques et de travailler à la sobriété/frugalité. Ce doit être une vision systémique et non pas un verdissement des actions. Pour être à la hauteur de l’enjeu, nous devons développer une économie structurellement orientée vers la sobriété ; remettre des priorités dans les différents secteurs de l’économie et plus que comment l’on produit, c’est ce que l’on produit qu’il nous faut repenser. C’est, comme le défini l’économiste, ingénieur et sociologue, Pierre Veltz, l’économie humano centrée : la santé, l’éducation, les loisirs, la culture, la mobilité, l’agriculture ; et rendre cela désirable. Une économie avec moins de ressources consommées, une activité des services, économie des usages plutôt que des objets. Quels leviers sont à notre portée ? il faut s’adapter à la nouvelle donne climatique :
• dès à présent, baisser les émissions de gaz à effet de serre (charbon, pétrole, gaz), soutenir les projets de production locale d’énergies issues de renouvelables portés par des acteurs associatifs locaux, développer les services liés à la mobilité y compris l’autopartage, mais aussi...
• lutter contre l’artificialisation des sols
• isoler les logements pour les protéger du froid mais également de la chaleur
• penser les aménagements urbains et périurbains pour tendre vers la résilience,
• soutenir le développement économique en lien avec les formations d’études supérieures qui sont proposées localement. Accroitre leur nombre et leurs champs d’application à d’autres secteurs d’activité comme l’économie du réemploi,
• conforter l’existant en lien avec les lycées du territoire incluant le lycée Lucie Aubrac de Davayé ainsi que les autres établissements de formations supérieures.
• S’engager dans la réserve foncière à destination de productions agricoles respectueuses de l’environnement.
Force est de constater que ce n’est pas la voie sur laquelle vous engagez l’agglomération. Vous allez à contre courant de ce qu’il serait nécessaire de faire.

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