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16 décembre 2020
Gabriel Siméon

Débat sur les orientations générales du projet d’aménagement et de développement durables (PADD)

Intervention de Gabriel Siméon (groupe Mâcon Citoyens) au Conseil municipal du 14 décembre 2020 – Rapport n°33 : Débat sur les orientations générales du projet d’aménagement et de développement durables (PADD)

Je trouve qu’il y a de bonnes choses dans ce Projet d’aménagement et de développement durable. Vous parlez notamment de :

- Contenir le développement de l’enveloppe urbaine
- Favoriser le réinvestissement du centre ancien
- Conforter la place de la nature en ville
- Et limiter l’exposition aux nuisances sonores

Ces grandes lignes dessinent un avenir souhaitable pour notre ville, et nous serons vigilants à ce qu’elles se retrouvent dans le futur PLU.

Je trouve cependant que ce document manque d’ambition.

Limiter la consommation foncière à (je cite) « environ une soixantaine d’hectares pour la construction d’environ 2 000 logements » à l’horizon 2030, c’est beaucoup trop.

2 000 nouveaux logements pour atteindre 37 500 habitants en 2030, puis 2 000 autres logements pour atteindre 40 000 habitants en 2040. OK, pourquoi pas… C’est l’objectif que vous vous êtes fixés. Mais on peut atteindre cet objectif en limitant davantage l’étalement urbain.

Comment ?

- en durcissant les règles d’urbanisme pour protéger les terres agricoles et les espaces naturels (forêts, prairies…) ;
- en menant des actions pour baisser le taux de vacances des logements ;
- en densifiant, pour privilégier l’habitat collectif plutôt que la maison individuelle sur les terrains aujourd’hui inoccupés, c’est-à-dire faire l’inverse de ce que vous prévoyez à La Chanaye ;
- en investissant en priorité les friches ;
- en renaturant les espaces laissés à l’abandon.

Ce dernier point est intéressant pour parvenir à l’objectif gouvernemental de zéro artificialisation nette des sols, ce que le préfet de Saône-et-Loire contrôlera dans le futur plan local d’urbanisme.

L’objectif ambitieux, vous le fixez pour 2040 (je cite) : « anticiper une nette réduction de la consommation d’espaces naturels et agricoles, en limitant les surfaces ayant vocation à être urbanisées à environ une quinzaine d’hectares à terme. La majeure partie des 2000 logements restants sera dès lors réalisée en renouvèlement ou densification de l’enveloppe urbaine existante ».

Dans cette phrase c’est le mot « anticiper » que je ne comprends pas. Anticiper, ce serait se fixer cet objectif non pas pour 2040, mais pour 2030. Il ne faut pas jouer les timides là-dessus. 2030 c’est demain, et il ne faut pas traîner. Je vous invite donc à fixer plutôt l’objectif suivant : limiter la consommation foncière à une quinzaine d’hectares pour 2 000 nouveaux logements à horizon 2030.

Pourquoi j’insiste là-dessus ?

Parce qu’1 million d’espèces animales et végétales sont aujourd’hui menacées d’extinction, et qu’une manière efficace d’agir à l’échelle locale contre ce déclin sans précédent depuis 65 millions d’années serait de limiter fortement l’étalement urbain, cet étalement qui détruit les habitats naturels et les continuités écologiques nécessaires à la faune sauvage pour circuler.

J’insiste aussi là-dessus parce qu’il n’y a rien de plus triste qu’une ville dont on n’arrive plus à sortir.

Les premiers arbitrages de la loi Convention citoyenne pour le climat amorcent un objectif de division par deux de la vitesse d’artificialisation des sols. C’est le moment d’anticiper, pour de vrai, en se fixant un objectif plus ambitieux que celui que projette ce PADD.

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